LITTERATURE/ L’écrivain français Patrick Deville à Khartoum

L’écrivain français Patrick Deville, invité par l’Institut français, s’est rendu à Khartoum du 17 au 26 janvier 2016.
Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Deville a vécu dans les années 80 au Moyen-Orient, au Nigéria, en Algérie. Dans les années 90, Il séjourne régulièrement à Cuba, en Uruguay, en Amérique centrale. Depuis plus de 20 ans, il dirige la Maison des écrivains étrangers et traducteurs de Saint-Nazaire et la revue du même nom.

Après avoir publié cinq romans aux Editions de Minuit, de 1987 à 2000, Deville rompt avec le genre littéraire de la fiction qu’il juge trop étouffant et se lance dans le « roman d’aventure de non fiction ». Il entreprend, aux Editions du Seuil, la construction d’une fresque odysséenne de douze récits soutenue par une structure trilogique.

« Chaque fois, un personnage sorti du 19ème permet à l’auteur de ruminer l’évolution du monde, mêlant histoire, politique et errances personnelles. Avec Pura vida(2004), c’était William Walker, aventurier américain ayant voulu devenir président du Nicaragua et du Costa Rica ; dans Equatoria (2009), Savorgnan de Brazza, explorateur du fleuve Congo ; dans Kampuchéa (2011), Henri Mouhot, chasseur de papillons et découvreur des temples d’Angkor ; dans Peste&Choléra (2012), Alexandre Yersin, chercheur bactériologiste franco-suisse pasteurien ayant découvert le bacille de la peste en 1894. Dans Viva (2014), Trotsky poursuit au Mexique sa longue fuite, et Malcom Lowry, ébranle l’univers littéraire avec son vertigineux Au-dessous du volcan ».

Conférence à l’Institut français : Le territoire de l’étranger

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A l’Institut français de Khartoum, en présence de l’Ambassadeur Bruno Aubert

Intervention auprès des étudiants soudanais du département de français de la Faculté des Lettres de l’Université de Nilein

Mardi 19 janvier 2016
Patrick Deville a donné une conférence à l’Université de Nilein, à l’invitation du chef du département de français Sir El Amin, devant un parterre d’étudiants soudanais attentif et enthousiaste. Captivés par l’intervention de Patrick Deville, les étudiants l’ont interrogé sur son parcours d’écrivain qui l’a conduit à faire le tour du monde et sur son style littéraire "le roman sans fiction".

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Rencontre avec les écrivains soudanais

Patrick Deville a rencontré des écrivains soudanais réunis à la médiathèque de l’Institut français le 20 janvier.

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Il a présenté la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs (MEET) qu’il dirige à Saint Nazaire. Une Maison qui accueille chaque années en résidence des écrivains étrangers du monde entier, et ce, depuis plus de vingt ans. Elle leur alloue une bourse et met à leur disposition un grand appartement au dixième étage du Building, au-dessus du port et des Chantiers navals. Elle organise chaque année des rencontres littéraires internationales « meeting » et remet trois prix littéraires : le Prix Laure-Bataillon de la meilleure œuvre de fiction traduite en français dans l’année, le Prix Laure-Bataillon classique et le Prix de la Jeune Littérature latino-américaine.Chaque année, elle publie la revue littéraire internationale Meet et plusieurs livres bilingues.

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Cette rencontre avait, d’une part, pour objectif de sensibiliser les écrivains soudanais à cette opportunité de résidence en France, et d’autre part, de témoigner de l’état des lieux de la littérature contemporaine au Soudan et des difficultés rencontrées par les écrivains pour être publiés.

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Rencontre avec les écrivains et traducteurs : Mohammed Farah, Sabah Sanhouri, Maouadda Nasreddine, Assim El Hazin, Ezzedine Mirghani, Ahmad Awad, El Hadi El Radi, Adil Saad ; Siddig El Helou, Ahmad Abu Hazim, Zeinab Bilal, Hassan Moussa, M.Mustafa Bashar, Madjzoub Aidarouss, Sara El Billi, Neimat Karamalla

La plupart des écrivains sont édités à compte d’auteur et sont contraints d’exercer une autre activité pour vivre. Les maisons d’éditions sont rares au Soudan, tout comme les librairies (présentes uniquement à Khartoum). L’absence de papier et d’encre de qualité conduit le plus souvent les auteurs et les éditeurs à imprimer à l’étranger (Le Caire).

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Enfin, le Livre est considéré comme un produit de luxe en raison de son prix prohibitif. Néanmoins, le Soudan peut s’enorgueillir d’organiser chaque année, en novembre, un salon du livre arabe très fortement fréquenté par les écoles et les familles soudanaises.

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Dernière modification : 14/02/2016

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