Intervention de l’Ambassadeur devant les principaux responsables des rédactions de Khartoum

  • Je suis très heureux d’avoir l’opportunité de rencontrer ce soir les principaux responsables et journalistes de la presse soudanaise et je souhaite vous remercier pour votre présence. A peine deux semaines après mon arrivée à Khartoum en tant qu’Ambassadeur de France au Soudan, je souhaitais en effet consacrer ma première rencontre « sociale » et « informelle » avec les principaux relais d’opinion soudanais, dont tout le monde reconnaîtra le rôle particulier qu’ils jouent dans la formation de l’opinion. Une presse nombreuse et vivace contribue efficacement au développement économique et social et à l’enracinement des institutions politiques démocratiques. Je me félicite de voir ce soir parmi nous plus d’une vingtaine d’organes de presse représentés.
  • Sans vouloir trop m’étendre sur moi même, je souhaitais néanmoins, afin de me présenter et afin que nous fassions plus ample connaissance, vous donner quelques indications sur mon parcours professionnel et personnel. Arabisant de formation, j’ai effectué la plupart de ma carrière diplomatique dans le monde arabe où j’ai pu servir d’ailleurs dans plusieurs pays voisins du Soudan. J’ai également eu l’honneur de servir mon pays en Afrique, ayant été nommé Ambassadeur en Mauritanie. Préalablement à ma nomination à Khartoum, j’étais chargé du dossier des relations entre l’Union Européenne et le continent africain au sein du Ministère des affaires étrangères.
  • Etant nouveau au Soudan, je ne me permettrais pas de porter un quelconque jugement mais permettez-moi de formuler un vœu, comme le permet l’usage au mois de janvier. J’émets en effet le vœu de pouvoir découvrir, en famille, lors de mon séjour (mon épouse devant me rejoindre prochainement à Khartoum), la formidable diversité géographique, humaine et culturelle du Soudan, plus vaste pays d’Afrique, de Wadi Halfa à l’extrême nord jusqu’à Nimulé, de Geneina jusqu’à Port Soudan. L’hospitalité des Soudanais est connue au-delà de leurs frontières et j’ai pu en être témoin à plusieurs reprises lors de ma carrière diplomatique.
  • En tant qu’Ambassadeur de France, je conçois ma mission comme ayant pour objectif de renforcer les relations bilatérales, anciennes et profondes qui unissent le Soudan et la France. Je tiens à souligner la densité de nos échanges comme en témoignent le déplacement du Ministre des Affaires étrangères Deng Alor à Paris en juin dernier et la visite en France à l’automne dernier d’une délégation conduite par l’assistant du Président, le Dr. Nafi’ Ali Nafi’ et le déplacement à Khartoum en juin 2007 du Ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner. Néanmoins, ces relations loin de se limiter à des relations d’Etat à Etat, de gouvernement à gouvernement, favorisent également les échanges et la compréhension mutuelle entre nos deux peuples, tous deux attachés à la préservation de leur patrimoine culturel et scientifique. Permettez-moi de vous donner dans ce domaine quelques chiffres sur notre action de coopération au Soudan :
  • Pour les deux années 2007 et 2008, l’aide publique française au Soudan s’est élevée à 41 millions d’euros. En comptant la contribution française aux fonds européens, l’effort français vis-à-vis du Soudan s’est élevé à 120 millions pour la période 2005-2007. Dans le cadre de la réunion des donateurs qui s’est tenue à Oslo, la France a promis une aide de 103 millions de dollars pour la période 2008-2011.
  • Les domaines d’intervention de la France au Soudan dans le domaine du développement sont divers : appui à la gouvernance locale au Sud Soudan, soutien au processus de recensement, construction et réhabilitation de structures hydrauliques dans les Etats de Warrab, du Haut Nil et d’Equatoria centrale, appui à la recherche médicale et lutte contre les grandes pandémies.
  • En 2009, la France versera aussi 130 Meuros aux Nations-Unies à New York, 90 au bénéfice du Darfour et 40 au bénéfice du Sud Soudan.
  • Environ 2 millions d’euros sont consacrés au financement de projets mis en œuvre par la société civile soudanaise. La France consacre en 2009, 3 millions d’euros pour l’aide alimentaire au Soudan. Evidemment, la France est attachée à la formation des cadres et des scientifiques soudanais, pour renforcer les capacités locales dans les domaines éducatif, agricole, médical, de la radio et télévision et de la haute fonction publique. En 2008, l’Ambassade a offert 60 bourses à des cadres soudanais dans le cadre d’échanges avec des institutions françaises.
  • Enfin, je voudrais également mentionner notre dispositif culturel : le Centre Culturel Français de Khartoum (où plus de 3000 personnes apprennent le français chaque année) et ses deux antennes de l’université de Khartoum et de Djouba, la section française des Antiquités au Soudan et le CEDEJ. Les alliances françaises à Al-Obeid et Wad Medani et les centres franco-soudanais de Nyala et Port Soudan proposent apprentissage du français et activités culturelles aux Soudanais qui portent de l’intérêt à notre langue et à notre culture.
  • Je voudrais terminer mon intervention en donnant quelques chiffres sur la densité de nos échanges commerciaux : les exportations du Soudan vers la France se sont élevées à environ 24 millions d’euros en 2008. En 2008 également, les importations soudanaises en provenance de France se sont élevées à 117 millions d’euros.
  • Je vous remercie pour votre attention.
    Je vous invite à prendre le verre de l’amitié et à poursuivre nos conversations, bien entendu « off the record ».

Dernière modification : 20/05/2010

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